La résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique mondiale. L’épidémiologie de ce phénomène repose sur l’interaction entre pression de sélection liée à l’usage des antibiotiques, transmission des bactéries résistantes et circulation des gènes de résistance dans différents réservoirs.
Dimension mondiale :
la résistance aux antibiotiques est un phénomène global favorisé par plusieurs facteurs :
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usage excessif ou inapproprié des antibiotiques en médecine humaine.
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utilisation d’antibiotiques en médecine vétérinaire et en élevage.
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automédication, mauvais dosage ou interruption prématurée des traitements.
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mobilité internationale des populations facilitant la diffusion des souches résistantes.
Épidémiologie hospitalière
Les hôpitaux représentent des environnements particulièrement favorables à la sélection et à la transmission des bactéries résistantes en raison d’une forte pression antibiotique et de la concentration de patients fragiles. Voici les principales raisons :
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usage fréquent d’antibiotiques à large spectre.
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présence de patients immunodéprimés ou gravement malades.
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utilisation de dispositifs invasifs (cathéters, ventilation mécanique).
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transmission croisée entre patients via le personnel ou l’environnement.
Diffusion communautaire
Certaines bactéries résistantes initialement observées en milieu hospitalier se diffusent désormais dans la communauté. Cette transition reflète l’augmentation de la circulation des souches résistantes en dehors des structures de soins.
Réservoirs et circulation des gènes de résistance
Les gènes de résistance circulent entre bactéries grâce au transfert horizontal par différents mécanismes (conjugaison, transformation, transduction). Ils peuvent être portés par des plasmides et se diffuser entre différentes espèces bactériennes.
Approche One Health
L’épidémiologie de la résistance doit être étudiée dans une approche intégrée appelée ‘One Health’ qui prend en compte les interactions entre santé humaine, santé animale et environnement. Voici les principales :
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transmission de bactéries résistantes entre animaux et humains.
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contamination de l’environnement par les antibiotiques et les bactéries résistantes.
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rôle des eaux usées, sols et élevages comme réservoirs de résistance.
Mécanismes de résistance
La résistance aux antibiotiques constitue un enjeu majeur de santé publique mondiale. Elle peut être intrinsèque ou acquise et repose sur plusieurs mécanismes moléculaires et physiologiques.
La résistance, soit naturelle, soit acquise, se présente sous la forme de certains grands mécanismes de résistance les voici
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Mécanismes de résistance liés au mode d’action de l’antibiotique par :
Inhibition de la synthèse de
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la paroi bactérienne (antibiotiques concernés Bêta-lactamines, Glycopeptides, Fosfomycine)_
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la membrane cytoplasmique (antibiotiques concernés polymyxines, lipopeptides)
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la synthèse protéique (antibiotiques concernés Aminosides, Macrolides, Cyclines, Ac.fusidique)
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la synthèse de l’ADN (antibiotiques concernés Quinolones, sulfamides, triméthoprime
par quels mécanismes?
L’inactivation enzymatique
La modification de la cible par mutation (dans l’ARN 16 S et 23 S)
L’imperméabilité
l’efflux
Plus en détail
Inactivation enzymatique
production d’enzymes capables d’hydrolyser ou modifier l’antibiotique par exemple les beta-lactamase et carbapénémases.
Modification de la cible par mutation
par ex altération structurelle de la cible moléculaire (ex mutation de l’ARNr 23S par méthylation ou mutation dans l’ARN 16S)
Diminution de perméabilité
réduction ou perte de porines limitant l’entrée des β-lactamines et fluoroquinolones.
biofilm
consiste en une matrice extracellulaire limitant la diffusion des antibiotiques.
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Acquisition génétique de la résistance par transferts horizontaux, la résistance se transmettant entre organismes de lignée différentes et non d’une bactérie à ses descendantes.
Les gènes de résistance peuvent être acquis par : -
Mutation chromosomique modification spontanée de l’ADN bactérien sélectionnée par la pression de l’antibiotique
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Conjugaison (plasmides R) c’est le mécanisme de résistance le plus performant car les plasmides (petit morceau de matériel génétique) peuvent se transmettre entre des genres bactériens très différents
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Transformation une bactérie intègre de l’ADN présent dans son environnement
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Transduction consiste en un transfert de matériel génétique entre une bactérie et un virus qui l’infecte.
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Tolérance et persistance
On peut avoir aussi un état physiologique transitoire réduisant la sensibilité sans modification génétique stable.
Exemples de BMR (Bactéries Multi Résistantes) :
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SARM Staphylococcus aureus résistant à la méticilline
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E-BLSE Entérobactérie productrice de beta-lactamase à spectre étendu
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BHRe bactéries hautement résistantes émergentes
Toutes les BMR font l’objet de mesures spécifiques telles que
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signalement
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précautions d’hygiène pour les patients porteurs et patients contact
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programme de surveillance épidémiologique à cause d’une fréquence élevée, d’un potentiel pathogène et enfin d’un caractère commensal qui favorise la diffusion par un mécanisme de résistance aisément transférable.
Conclusion
Pour combattre l’antibiorésistance le moyen le plus efficace reste la prévention! Pas d’utilisation antibiotique massive ou pas adaptée soit en médecine humaine que animale.
La recherche fondamentale reste primordiale car c’est sur ces nouvelles connaissance qui s’appuie le développement de nouvelles approches thérapeutiques.
Notre laboratoire, par son expertise et ses compétences participe activement à la lutte contre l’antibiorésistance.

