La trisomie 21 c’est quoi ?
La trisomie 21, aussi appelée syndrome de Down, est une anomalie génétique causée par la présence d’un chromosome 21 supplémentaire dans le patrimoine génétique, soit trois copies au lieu de deux.
Cette anomalie entraîne des caractéristiques physiques distinctives ainsi qu’un retard du développement intellectuel, parfois associé à certaines pathologies comme des malformations cardiaques, des troubles digestifs ou d’autres complications médicales nécessitant un suivi spécifique.
Aujourd’hui, la connaissance de cette anomalie génétique et l’amélioration des prises en charge médicales permettent d’accompagner les personnes porteuses de trisomie 21 tout au long de leur vie et de favoriser leur inclusion dans la société.
Prévalence
Le risque d’accoucher d’un enfant porteur d’une trisomie 21 est d’environ 1 naissance sur 800.
Ce risque augmente avec l’âge de la mère, notamment après 35 ans.
En France, la stratégie de dépistage prénatal permet aujourd’hui d’identifier la grande majorité des grossesses concernées et d’informer les futurs parents afin de leur permettre de prendre des décisions éclairées et d’organiser le suivi médical adapté.
Quelle est sa cause ?
Cause accidentelle
C’est la cause la plus fréquente (95% des cas). Elle est liée à une mauvaise répartition des chromosomes maternels et paternels lors d’une division cellulaire.
a. Trisomie 21 libre et homogène
Elle survient lorsque l’anomalie de division cellulaire concerne les cellules reproductrices.
Elle est dite libre car le chromosome 21 supplémentaire n’est pas accroché à un autre chromosome et homogène car il est présent dans toutes les cellules de l’organisme.
Cette forme représente environ 93 % des trisomies 21.
b. Trisomie 21 en mosaïque
Elle apparaît lorsque l’anomalie de division cellulaire survient au cours du développement de l’embryon.
Certaines cellules possèdent alors trois chromosomes 21 tandis que d’autres en possèdent deux.
Cette forme est plus rare.
Transmission génétique d’un parent sain
Certaines trisomies 21 peuvent également résulter d’une anomalie chromosomique héritée d’un parent porteur sain.
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Translocation robertsonienne : le chromosome 21 est accroché à un autre chromosome. Cette forme représente environ 5 % des trisomies 21.
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Translocation réciproque : seule une partie du chromosome 21 est attachée à un autre chromosome. La trisomie est alors partielle et beaucoup plus rare.
Le dépistage de la trisomie 21 : biomarqueurs et stratégie prénatale
Le diagnostic et le suivi de la trisomie 21 reposent sur plusieurs examens allant du dépistage prénatal aux analyses génétiques confirmatoires.
Les examens réalisables pendant la grossesse sont :
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les marqueurs sériques maternels et le calcul du risque au premier ou deuxième trimestre
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le DPNI (Dépistage Prénatal Non Invasif)
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la choriocentèse ou l’amniocentèse
Comment calcule-t-on le risque de trisomie 21 ?
Le calcul du risque repose sur une prise de sang maternelle associée à des données cliniques.
À l’aide d’un logiciel spécialisé, plusieurs paramètres sont pris en compte afin d’estimer la probabilité que le fœtus soit atteint de trisomie 21.
Il est important de rappeler qu’il s’agit d’une estimation du risque et non d’un diagnostic.
En fonction du résultat obtenu, des examens complémentaires peuvent être proposés afin de confirmer ou d’écarter la présence de l’anomalie chromosomique.
En quoi consiste la stratégie du dépistage prénatal ?
La stratégie de dépistage repose sur l’analyse de biomarqueurs présents dans le sang maternel, associés à certaines données cliniques.
Dépistage combiné du premier trimestre
Il est réalisé entre la 11ème semaine et la 13ème semaine + 6 jours d’aménorrhée.
Il combine :
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le dosage des marqueurs sériques maternels :
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bêta-HCG libre
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PAPP-A
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la mesure échographique de la clarté nucale réalisée par un échographiste agréé.
L’ensemble de ces paramètres permet d’estimer le risque de trisomie 21.
Dépistage du deuxième trimestre
Il est proposé entre la 14ème semaine et la 17ème semaine + 6 jours d’aménorrhée, notamment si le dépistage du premier trimestre n’a pas pu être réalisé.
Il repose sur le dosage de marqueurs sériques maternels :
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Alpha-foetoprotéine (AFP)
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bêta-HCG libre
Le DPNI : dépistage prénatal non invasif
Lorsque le risque estimé est compris entre 1/50 et 1/1000, il est possible de proposer un DPNI.
Ce test consiste à analyser l’ADN fœtal libre circulant dans le sang maternel.
Ses avantages :
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examen non invasif
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très grande fiabilité (supérieure à 99 %)
Cependant, en cas de résultat positif, celui-ci doit être confirmé par un examen diagnostique (amniocentèse ou choriocentèse).
Le DPNI peut également être réalisé directement dans certaines situations :
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grossesse multiple
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existence d’un jumeau évanescent
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antécédent personnel de grossesse avec trisomie 21 documentée
Examens diagnostiques
Lorsque le risque estimé est supérieur ou égal à 1/50, un examen diagnostique peut être proposé.
Choriocentèse
Réalisée entre la 11ème et la 14ème semaine d’aménorrhée, elle consiste en une biopsie du trophoblaste.
Amniocentèse
Réalisée à partir de la 15ème semaine d’aménorrhée, elle consiste à prélever du liquide amniotique contenant des cellules fœtales.
Ces prélèvements permettent de réaliser :
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une FISH (hybridation in situ fluorescente)
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un caryotype fœtal
afin de confirmer ou non la présence d’une trisomie 21.
Dépistage postnatal
En cas de suspicion après la naissance, le diagnostic peut être confirmé par la réalisation d’un caryotype à partir d’une prise de sang.
Cet examen génétique permet d’observer l’ensemble des chromosomes et de mettre en évidence la présence d’un chromosome 21 supplémentaire.
Prise en charge d’un enfant atteint de trisomie 21
La prise en charge repose sur un suivi médical pluridisciplinaire comprenant notamment :
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orthophonie
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psychomotricité
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suivi pédiatrique spécialisé
L’objectif est de favoriser le développement, l’autonomie et l’inclusion sociale.
Au fil des années, le regard de la société sur la trisomie 21 a évolué. Les personnes porteuses de cette anomalie génétique peuvent aujourd’hui mener une vie sociale, scolaire et professionnelle épanouie, grâce à un accompagnement adapté.
Conclusion
À l’occasion de la Journée mondiale de la trisomie 21, il est essentiel de rappeler le rôle majeur du dépistage prénatal et des biomarqueurs associés dans l’identification précoce de cette anomalie génétique.
Les progrès de la biologie médicale permettent aujourd’hui de proposer des stratégies de dépistage plus précises, moins invasives et mieux adaptées aux besoins des futurs parents.
Informer, dépister et accompagner restent les clés d’une prise en charge éclairée et d’un soutien adapté aux familles.
Nous vous rappelons qu’en France le dépistage est proposé à toutes les femmes enceintes et pris en charge à 100%.

