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La période hivernale est caractérisée par une augmentation significative de l’incidence des maladies infectieuses, en particulier d’origine virale. Les conditions environnementales (baisse des températures, faible humidité de l’air, promiscuité accrue) favorisent la survie des agents pathogènes et leur transmission interhumaine.

Les infections virales les plus fréquemment observées en hiver incluent les rhinovirus (responsables du rhume), les virus Influenza A et B (grippe), le VRS (virus respiratoire syncytial) et les virus entériques responsables des gastro-entérites aiguës (adénovirus, rotavirus, norovirus). Ces virus se caractérisent par des symptômes digestifs tels que diarrhée, vomissements et fièvre. Un diagnostic par PCR est réalisé dans notre laboratoire. Le traitement de ces pathologies repose sur une bonne hydratation et une alimentation légère.

Les virus Influenza se distinguent par leur fort pouvoir épidémique et leur impact significatif sur la morbidité, notamment chez les populations vulnérables, ainsi que par leur capacité à muter, ce qui oblige à une constante mise à jour du vaccin. On assiste actuellement à l’émergence de la variante K, qui approche du pic épidémique. Les infections bactériennes, telles que les angines à streptocoques, les bronchites bactériennes, les pneumonies et la coqueluche, peuvent survenir de manière primaire ou secondaire à une infection virale. L’altération des muqueuses respiratoires par les virus facilite la colonisation bactérienne.

Le système immunitaire est également influencé par des facteurs saisonniers. La diminution de la synthèse de vitamine D, liée à une moindre exposition aux rayonnements UV, peut affecter la réponse immunitaire innée et adaptative. De plus, le stress physiologique et la fatigue peuvent contribuer à une susceptibilité accrue aux infections.

La prévention repose sur des mesures d’hygiène rigoureuses, la limitation des contacts en période épidémique et surtout la vaccination, que ce soit contre les virus responsables de la grippe ou contre la bactérie Bordetella pertussis, agent de la coqueluche, maladie respiratoire très contagieuse. Le vaccin contre la coqueluche doit être administré aux nourrissons à 2, 4 et 11 mois, aux femmes enceintes entre 24 et 32 semaines de grossesse afin de transmettre les anticorps au nourrisson, et à l’entourage.

On recense 40 millions de cas de coqueluche dans le monde avec 300 000 décès. Son diagnostic repose en priorité sur les symptômes cliniques, car cette maladie provoque des quintes de toux violentes, répétées et épuisantes, très reconnaissables. Un diagnostic par PCR est également couramment pratiqué dans les trois premières semaines de la maladie ; au-delà de ce délai, la recherche par PCR devient inutile car l’ADN de la bactérie n’est plus détectable.

Le VRS est la principale cause de bronchiolite chez les jeunes enfants, les nouveau-nés et les prématurés. Très présent et contagieux, il provoque des épidémies hivernales comparables à celles de la grippe. Pour les nouveau-nés et les prématurés, cette infection peut être très grave.

En 2024, une avancée majeure a été réalisée dans la prévention du VRS avec l’utilisation d’un anticorps monoclonal longue durée, qui protège en se liant au virus et en empêchant sa réplication. Il est important de rappeler qu’il s’agit d’un anticorps monoclonal et non d’un vaccin. Il est donc impératif d’associer cette prévention à des mesures d’hygiène spécifiques, notamment le lavage des mains à l’eau chaude et au savon avant de toucher le nourrisson.

Pour cette maladie comme pour les autres maladies hivernales, une approche préventive globale permet de réduire la transmission et l’impact sur la santé publique. Prévenir par les gestes barrières, se vacciner et respecter les règles d’hygiène restent nos meilleurs atouts pour ne pas tomber malade.