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Une même histoire, entre corps et cerveau : la santé mentale dépend de l’interaction entre les deux.

Le stress ne se manifeste pas seulement par une sensation de tension ou d’inquiétude. Il entraîne aussi des réactions biologiques mesurables dans l’organisme. Lorsqu’il devient important ou chronique, il peut modifier le fonctionnement hormonal, immunitaire et métabolique.

De nombreuses recherches étudient ainsi certains biomarqueurs afin de mieux comprendre les liens entre stress, inflammation et santé mentale.

Ces marqueurs peuvent apporter des informations sur l’état biologique d’une personne, mais ils ne permettent pas, à eux seuls, de diagnostiquer une dépression, un trouble anxieux ou un autre trouble psychiatrique.

Quels sont les principaux biomarqueurs étudiés en santé mentale ?

Le cortisol

Ce qu’il peut refléter

Hormone majeure de la réponse au stress. Son dosage, notamment dans la salive ou le sang, renseigne sur l’activité du système hormonal du stress.

Sa principale limite

Il varie fortement selon l’heure, le sommeil, les médicaments et de nombreux facteurs individuels (IMC, tabac, style de vie). Une valeur isolée est donc difficile à interpréter.

CRP / hs-CRP

Ce qu’elle peut refléter

Marqueur simple d’inflammation. Une inflammation de bas grade est observée chez certains patients souffrant notamment de dépression.

Sa principale limite

Toutefois la CRP-hs n’est pas spécifique de la santé mentale : infection, surpoids, tabac ou maladie inflammatoire peuvent aussi l’augmenter.

IL-6 (interleukine 6)

Ce qu’elle peut refléter

Cytokine impliquée dans la communication du système immunitaire. Elle fait partie des marqueurs inflammatoires les plus étudiés dans la dépression.

Sa principale limite

Son augmentation n’est ni constante chez tous les patients, ni spécifique d’un trouble psychiatrique.

TNF-alpha

Ce qu’il peut refléter

Autre cytokine pro-inflammatoire étudiée dans la dépression, les troubles bipolaires et certains troubles psychotiques.

Sa principale limite

Son dosage est surtout utilisé en recherche et ne constitue pas un test diagnostique.

BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor)

Ce qu’il peut refléter

Protéine impliquée dans la plasticité du cerveau, c’est-à-dire sa capacité à s’adapter et à modifier ses connexions. Elle est impliquée aussi dans la survie, la croissance et la différenciation des neurones, jouant un rôle fondamental dans la mémoire et la plasticité cérébrale.

Sa principale limite

Les taux sont influencés par de nombreux facteurs et les méthodes de dosage ne sont pas encore suffisamment standardisées pour un usage diagnostique courant.

Et le stress oxydatif ?

Le stress oxydatif correspond à un déséquilibre entre la production de molécules réactives et les défenses antioxydantes de l’organisme.

Plusieurs marqueurs sont étudiés en santé mentale, mais leur utilisation reste pour l’instant essentiellement réservée à la recherche.

Pourquoi ces biomarqueurs ne suffisent-ils pas au diagnostic ?

Un trouble de santé mentale résulte de l’interaction de nombreux facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux. De plus, les mêmes modifications biologiques peuvent être retrouvées dans des situations très différentes.

  • Il n’existe pas aujourd’hui de « prise de sang de la dépression » ou de l’anxiété.

  • Un biomarqueur isolé ne permet pas de confirmer ou d’exclure un trouble psychiatrique.

  • Le diagnostic reste avant tout clinique, fondé sur les symptômes, leur durée, leur retentissement et l’évaluation médicale.

  • L’intérêt futur pourrait venir de la combinaison de plusieurs marqueurs afin d’identifier différents profils biologiques chez les patients.

À retenir

Cortisol, CRP, IL-6, TNF-alpha et BDNF font partie des biomarqueurs les plus étudiés pour mieux comprendre les liens entre stress, inflammation et santé mentale.

Ils constituent des pistes prometteuses pour mieux caractériser les patients et, peut-être à terme, personnaliser davantage la prise en charge.

Mais aucun d’entre eux n’est actuellement suffisamment spécifique pour remplacer l’évaluation clinique.