
Les bilans Immunoprofils ont pour but d’évaluer, à un instant donné, l’état du système immunitaire des patients, en fatigue chronique, en hyperactivité ou en baisse immunitaire et de catégoriser la réaction impliquée (agression infectieuse, déficit…). Le statut inflammatoire, nutritionnel et infectieux peut utilement compléter le profil biologique. Ces bilans peuvent constituer des investigations complémentaires pour l’exploration biologiques des maladies vectorielles à tiques (MVT).
Les analyses sont réalisées sur la plateforme technique du laboratoire Inovie Barla à Nice. Ces examens sont réalisés sur prescription médicale et nécessitent l’utilisation d’un matériel de prélèvement spécifique contenu dans un coffret appelé immunoBox.
Les modalités pratiques pour les médecins et les patients sont expliquées dans l’espace immunoProfils :
L’étude du profil immunitaire et inflammatoire d’un patient a un intérêt dans les cas de fatigue chronique, d’infections à répétition, de douleurs articulaires ou musculaires et d’atteintes diverses non élucidées.
L’étude du système immunitaire et inflammatoire est orientée par les symptômes, le terrain du patient, l’anamnèse, les diagnostics différentiels, évalués par le médecin.
Les bilans Immunoprofils permettent :
- De renseigner sur l’état du système immunitaire au niveau cellulaire et humoral
- De repérer des déficits ou excès, et un déséquilibre immunitaire
- De renseigner sur l’état inflammatoire et le statut nutritionnel
- De documenter le statut infectieux
Le système immunitaire est un système dynamique, évolutif et complexe qui utilise de nombreuses cellules et protéines qui interagissent pour maintenir l’homéostasie (l’équilibre) de l’immunité et qui protègent l’organisme contre les agressions extérieures et les cellules anormales (cancéreuses). Le système immunitaire est composé de différents mécanismes de défense, de cytotoxicité, de communication, de tolérance pour permettre cet équilibre.
Le système immunitaire est évolutif
A la naissance le système immunitaire est intact puis, il commence à se développer au gré des « rencontres » infectieuses, de manière plus ou moins silencieuse. Les circonstances qui stimulent le système immunitaire de manière normale sont l’exposition aux virus, aux bactéries, aux parasites et à l’environnement. Mais au fil de la vie, dans certaines circonstances, celui-ci peut se « dérégler », devenant, selon les cas, déficient, excessif ou stimulé à tort. Les facteurs déclenchant un dérèglement peuvent être : une forte agression infectieuse, une réaction allergique, l’exposition à un agent chimique ou physique ou d’autres conditions environnementales impactantes. Certaines infections chroniques non résolues, des inflammations chroniques, certains cancers et les maladies auto-immunes sont des conséquences notamment d’un déséquilibre immunitaire.
Les analyses des bilans Immunoprofils étudient les protéines et les cellules (lymphocytes) qui participent aux différentes phases de l’activation du système immunitaire. Ainsi, afin de dresser un tableau du « profil immunitaire » du patient, le médecin prescrira, selon les cas, des analyses impliquées dans l’une ou plusieurs de ces phases :
Le profil inflammatoire et nutritionnel
Pendant la réponse immunitaire, un ensemble de mécanismes physico-chimiques se déclenche pour contribuer à la lutte contre l’agent étranger : c’est l’inflammation qui permet :
- la dilatation des vaisseaux sanguins et l’augmentation de la perméabilité vasculaire
- d’optimiser les interactions entre les globules blancs (leucocytes)
- d’orienter l’activation des leucocytes
- d’éliminer les cellules mortes et les toxines issues du « combat ».
Les protéines de l’inflammation sont augmentées : fibrinogène, CRP, haptoglobine, orosomucoïde, céruloplasmine, C3 ; alors que l’albumine et la préalbumine diminuent lors de l’inflammation. Ces molécules sont dosées par techniques immuno-enzymologiques.
Le statut nutritionnel est simultanément évalué avec le score PINI qui permet de détecter une dénutrition infraclinique (précoce) en ajustant les variations des protéines nutritionnelles par rapport au statut inflammatoire.
On peut les quantifier individuellement ou en établir des profils par comparaison les unes aux autres comme avec les électrophorèses des protéines.
Les protéines de l’inflammation sont dosées dans le Profil inflammatoire: C3, haptoglobine, céruloplasmine, CRP, orosomucoïde, albumine, préalbumine.
Le statut nutritionnel est simultanément évalué avec le score PINI.
Le profil protéique peut être utilement complété avec l’électrophorèse des protéines sériques.
L’immunité cellulaire
Pendant la réponse immunitaire cellulaire, les lymphocytes interviennent successivement et réagissent entres eux :
- les lymphocytes NK (de l’anglais Natural Killer, tueur naturel), apparentées aux lymphocytes T sont aussi doués d’une activité cytotoxique naturelle, qu’ils exercent de façon spontanée pour détruire les cellules infectées ou les cellules cancéreuses. Leurs propriétés peuvent être augmentées par des interleukines sécrétées par les lymphocytes T.
- les lymphocytes T helpers ou CD4 aident les lymphocytes B et T dans leurs fonctions en sécrétant des substances immunologiquement actives (cytokines, interleukines) et stimulent la sécrétion d’anticorps.
- les lymphocytes T CD8 comprennent deux catégories : les T8 cytotoxiques vont tuer les cellules étrangères cancéreuses ou celles infectées par un pathogène (virus, bactéries intracelluliares) et les T8 non cytotoxiques vont empêcher l’emballement de la réponse immunitaire.
On peut évaluer chacune des sous-populations de façon semi-quantitative et les unes par rapport aux autres dans le typage lymphocytaire par technique de cytométrie en flux.
Le typage lymphocytaire comporte les sous populations lymphocytaires suivantes (rendues en % et en valeurs absolues) : lymphocytes T3, T4, T8, B, NK, T8 cytotoxiqes, T8 non cytotoxiques, T8 senescents, T activés, T4 activés, T8 activés, NK57+, T4 naïfs, T4Helpers, TH1, TH2, TH17, T régulateurs avec les rapports T4/T8, T4A/T8A, NK57/NK56, T8c/T8nc, T4H/T4I, TH1/TH2, TH17/Treg.
Le dosage de l’IL2R peut compléter utilement le typage lymphocytaire.
L’auto-immunité
Le système immunitaire peut se dérégler et se diriger contre les éléments du Soi. Ces phénomènes néfastes sont à l’origine des maladies auto-immunes (ex : polyarthrite rhumatoïde, lupus…). L’auto-immunité s’explore par la recherche des auto-anticorps spécifiques circulants dans le sang du patient. C’est le médecin qui choisit les auto-AC à analyser, en fonction du contexte clinique.
L’immunité humorale
- Produits par la moelle osseuse, les lymphocytes B arrivent, via les ganglions, sur le lieu de l’infection. Ils y prolifèrent sous forme de clones capables de produire des anticorps spécifiques (Immunoglobulines) dirigés contre des sites moléculaires présents sur les agents étrangers (antigènes).
Ensuite certains de ces lymphocytes B vont se transformer en plasmocytes (cellules sécrétrices d’anticorps ayant une longue durée de vie) et l’autre partie se transformera en lymphocytes B mémoires. - Les anticorps produits lors de la réponse immunitaire sont des protéines qui circulent dans le sang.
- Elles sont dosables par famille : Immunoglobulines IgA, IgM, IgG, IgE et IgD.
- Dosage des immunoglobulines IgG, IgM et IgA
- On peut aussi mesurer individuellement les IgG et IgM spécifiques d’un pathogène donné (ex : IgG anti-toxoplasme) par les sérologies infectieuses. Le but est de vérifier si le patient a « rencontré » l’agent infectieux, mais la sérologie ne renseigne pas toujours sur l’activité actuelle de l’agent infectieux. Les anticorps sont dosés par des techniques immuno-enzymatiques.
- Sérologies infectieuses des bactéries/virus intra-cellulaires persistants dans l’organisme : Chlamydiae pneumoniae, Mycoplasma pneumoniae, ASLO/ASDO, Helicobacter pylori, EBV (IgG VCA, EBNA, IgM VCA + Ea IgG) ; CMV, HSV1/2, HSV6, VZV, ParvoB19.
- Selon les infections, on peut identifier avec plus de précision, les différents antigènes de l’agent infectieux en utilisant les techniques d’immunoblot. Ces tests permettent parfois de déterminer l’espèce précise de la bactérie impliquée, et selon les cas, le stade de l’infection.
- Il peut être nécessaire de savoir si le virus se développe in vivo, en mesurant une réplication virale. Les techniques de PCRpermettent de quantifier l’ARN ou l’ADN de l’agent infectieux responsable de maladie.
- Réplication virale par PCR – Ex : PCR HIV, PCR EBV
Les modalités pratiques pour les médecins et les patients sont expliquées dans l’espace Immunoprofils : https://labo-barla.eu/immunoprofils/
- Le patient peut commander l’immunoBox directement via le eshop du laboratoire BARLA, onglet patient : https://labo-barla.eu/categorie-produit/patients/immunobox/. Le prélèvement peut être réalisé par un(e) infirmier (e) à domicile. Le coffret contient un formulaire de renseignements clinico-biologiques à compléter, un consentement à signer et une notice de recommandations pour le prélèvement et l’expédition au laboratoire BARLA.
- Le médecin pourra trouver les modalités pratiques sur la page : https://labo-barla.eu/immunoprofils/
